Bio ou pas bio ?

En ces temps de crise, l'alimentation bio pourrait être considérée comme un luxe. Car les prix peuvent limiter les achats des familles. Incontournable aujourd'hui, le bio doit faire partie de nos réflexes majeurs. 

Une meilleure densité nutritionnelle

Bio ou conventionnel ? Rien de mieux que les études pour se mettre d'accord !

Une méta-analyse réalisée par des chercheurs de Newcastle (Angleterre) a comparé l'intérêt nutritionnel du bio à partir de 343 études scientifiques réalisées dans le monde. Le bio a montré une concentration plus importante d'antioxydants et une présence 2 fois moins importante en métaux lourds et 4 fois moins importante en résidus de pesticides dans les fruits, les légumes et les céréales issus de l'agriculture biologique (British Journal of Nutrition).

L'étude NutriNet Santé menée de 2009 à 2018 (200 000 personnes questionnées + données clinico-biologiques) révèle que si l'on mange majoritairement bio, cela a un impact favorable sur le surpoids, le pré-diabète, les risques cardio-vasculaires et le cancer (+ 15 % de bio = - 8 % de risque de tout type cancer, - 34 % de cancer du sein après la ménopause et - 86 % de lymphome).

Le bio apporte une qualité micronutritionnelle plus intéressante.

Depuis les années 1960, les 70 fruits et légumes les plus consommés sont perdu en moyenne 16 % de leur teneur en calcium, 27 % de leur vitamine C et 48 % de leur fer. Enquête Agence nationale de sécurité alimentaire    

Une meilleure protection de la santé et de la planète

Pour le Pr Johannes Kahl, expert auprès du Parlement européen, manger bio, c’est s’inscrire dans un « régime alimentaire durable ». La notion de durabilité de l’alimentation et de l’agriculture a été promulguée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome en 2014  

L'agriculture biologique est un système de production qui respecte l'environnement dans sa globalité. Elle n'utilise ni pesticides ni engrais chimiques et respecte les animaux par le recours à une nourriture biologique et l'interdiction des antibiotiques et des hormones de synthèse. Aucun additif alimentaire n'est ajouté dans les produits transformés issus de l'agriculture bio : colorants ou exhausteurs de goût. Ils doivent contenir au moins 95 % d'ingrédients issus de l'agriculture biologique pour bénéficier de l'appellation.

Selon un rapport de l'Institut National de Veille Sanitaire, publié en avril 2013, la France est l'un des pays les plus exposés aux pesticides dans le monde. Pas de chance pour nous !

Les produits issus de l'agriculture biologique sont certifiés par des organismes agréés. Le logo français AB n'est plus obligatoire depuis l'harmonisation européenne. C'est le logo communautaire qui apparait sur les emballages, offrant les mêmes garanties.

En mangeant bio, on limite l'exposition aux pesticides contenus dans les fruits et les légumes d'au moins 30 % en moyenne. Une donnée importante pour notre santé car ils sont responsables de l'augmentation des cas de cancers et d'infertilité. L'épidémie d'obésité ne serait pas due uniquement à la "toxic bouffe", mais aussi à l'exposition chronique aux polluants chimiques et perturbateurs endocriniens dont les pesticides. Même à petite dose, cette exposition pourrait conduire au développement du syndrome métabolique, porte d'entrée au diabète de type 2.  

Pesticides : l'effet cocktail

En juin 2013, l'INRA a démontré que l'effet cocktail de l'ingestion de 5 pesticides au cours de la journée générait un endommagement de l'ADN sur des lignées de cellules humaines cultivées in vitro.

Alors tous au bio !  

Le Programme National Nutrition Santé nous encourage désormais à manger bio le plus possible.

Pour des raisons financières, certains légumes et fruits de la filière conventionnelle peuvent toutefois être consommés s'ils sont dotés d'une peau ou d'une gousse que l'on ne mange pas et qui nous protège : ananas, avocat, melon, oignon, ail….

Mais attention ! Tous ne sont pas favorables à notre planète. C'est le cas de l'avocat surconsommé en Occident.

Les pommes et les fraises, fruits les plus bombardés de pesticides, doivent être lavés à l'eau et au vinaigre blanc s'ils ne sont pas bio ou du jardin.  D'immenses serres andalouses produisent des milliers de tonnes de fraises insipides chaque année : un scandale écologique avec plus de 100 produits chimiques. Qui a encore envie de manger ce type de fruits en hiver ?  Il est si simple d'attendre l'été pour se régaler de fraises produites localement.   

Le bio est donc à recommander. Mais passer au bio ne sert à rien pour la santé si vous ne modifiez pas en même temps votre consommation de viande et de charcuterie, d'alcool, de tabac et que vous restez sédentaire ! Hippocrate lui-même englobait l'exercice dans la bonne "diète".  


Bon à savoir

L'Association Pesticide Action Network publie régulièrement la liste des fruits et des légumes les plus contaminés par des pesticides. 18 aliments sont cités : carotte, laitue, concombre, épinard, tomate, fraise, chou-fleur, pêche, petits pois, poire, pomme, raisin, pomme de terre, poireau, aubergine et raisin. Le raisin contient 15 résidus de pesticides différents et la pomme 13. En épluchant ces fruits et légumes, on réduit l'exposition aux pesticides, mais on élimine les micro-nutriments (vitamines).

www.pan-international.org

 

        


Sources : NSERM-CRLC Montpellier. www.inra.frwww.ufc-aix.org, www.passeportsante.net, www.itab.asso.fr et www.consoglobe.comwww.nutrionline.fr


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